Vous avez vu « deep work » dans un livre, un podcast, un outil d’agenda ou le statut d’un collègue. Ce n’est peut-être qu’un nouveau mot pour dire travailler dur. Et votre propre travail, compte-t-il vraiment ?
Ici, vous trouvez le sens du deep work en mots simples et un test rapide pour n’importe quelle tâche. Ensuite, vous voyez ce que le deep work n’est pas. Vous verrez aussi combien de temps un bloc peut durer, avec un regard sur ma propre journée de travail.
Que veut dire deep work ?
Le deep work réunit deux choses à la fois. La tâche demande toute votre réflexion, et vous y travaillez sans distraction.
Toute votre réflexion veut dire que la tâche pousse vos capacités. Vous ne pouvez pas la faire en pilote automatique. Voici la définition du deep work par Cal Newport, dans son livre :
« Des activités professionnelles menées dans un état de concentration sans distraction, qui poussent vos capacités cognitives jusqu’à leur limite. Ces efforts créent de la valeur nouvelle, améliorent vos compétences et sont difficiles à reproduire. » (traduit)
Cal Newport, Deep Work (2016)
En clair : un tel travail vous mène à la limite de ce que vous savez faire. Newport cite trois résultats.
Il crée quelque chose de nouveau et vous rend meilleur dans ce que vous faites. Et les autres ne peuvent pas le copier facilement. Ces trois résultats expliquent aussi pourquoi le deep work est important.
Le terme est plus ancien que le livre. Il apparaît dans un article de blog de 2012, comme le montre d’où vient le terme deep work. Newport y désignait un travail exigeant, qui met votre formation au service de résultats rares et précieux.
La définition du livre ajoute la concentration sans distraction.
Qu’est-ce qui compte comme deep work ?
Comme la définition a deux parties, une tâche ne compte comme deep work que si les deux sont réunies. S’il en manque une, ce n’est pas du deep work, même si vous vous sentez très occupé. Voici un test rapide, tiré des deux parties de la définition :
- Réflexion : cette tâche demande-t-elle toute ma réflexion ?
- Sans distraction : est-ce que je la fais sans passer aux e-mails, au téléphone ou au chat ?
- Les deux : deux oui, c’est du deep work ; un seul non, ce n’en est pas.
Le contraire, c’est le shallow work. Newport désigne ainsi les tâches logistiques qui demandent peu de réflexion et se font souvent dans la distraction. Vous trouverez le contraste complet dans deep work vs shallow work.
Quelles tâches passent en général le test, domaine par domaine ? Vous le verrez dans ces exemples de deep work.
Les deux questions ne parlent pas de l’horloge. Rien n’y dit combien de temps une tâche doit durer pour compter.
Qu’est-ce qui compte comme temps de deep work ?
Le test n’a pas d’horloge, car aucun nombre fixe de minutes ne rend un travail profond. Un bloc est une période fixe de travail concentré sur une seule tâche.
Il dure autant que votre état le permet, et le résultat sert de mesure. Voici ma propre journée :
La durée d’un bloc suit votre état du moment. Cela veut dire 90 minutes en forme et motivation maximales, et 45 quand vous êtes en forme, concentré et motivé. Elle descend à 15 quand vous êtes très démotivé.
Si vous êtes dans le flow, complètement absorbé par la tâche, continuez au-delà du minuteur. Le but est d’accomplir quelque chose.
Ne comptez donc pas vos blocs, regardez les résultats. Deux blocs avec de bons résultats valent mieux que cinq où vous vous êtes traîné.
Existe-t-il une durée minimale pour le deep work ? C’est une question à part.
Savoir ce qui compte, c’est aussi savoir ce qui ressemble seulement à du deep work.
Ce que le deep work n’est pas
Certains travaux ressemblent seulement à du deep work, parce qu’il leur manque l’une des deux parties. Et le deep work n’est pas la même chose que le flow. Voici trois choses qui ressemblent à du deep work à première vue, et la partie qui manque à chacune :
| Ressemble à du deep work | Ce qui manque |
|---|---|
| Huit heures au bureau, à moitié concentré | Une pleine concentration : une demi-attention pendant de longues heures |
| Des tâches de routine, téléphone éteint | Une tâche exigeante : aucune distraction, mais peu de réflexion |
| Une tangente intéressante en plein bloc | L’absence de distraction : ça ressemble à du travail, mais ça s’éloigne de la tâche |
La tangente passe facilement inaperçue, parce qu’elle ressemble à du travail. Notez-la sur la feuille de pensées, une deuxième feuille pour les pensées parasites, et retournez à la tâche.
La définition parle d’activités. Le deep work est donc quelque chose que vous faites, pas une humeur que vous attendez.
Le deep work n’est pas non plus la même chose que le flow. Le flow est l’état où vous êtes le plus productif. La préparation, le démarrage et l’objectif d’un bloc existent pour vous y amener.
Le deep work est le travail ; le flow est un état auquel il peut mener. Vous trouverez plus de détails dans deep work vs flow.
Le deep work, est-ce juste un mot à la mode ?
Vous savez maintenant ce qui ressemble seulement à du deep work. Reste le doute du début : le deep work n’est-il qu’un nouveau mot pour dire travailler dur ? Non.
Une journée de dur labeur peut ne réunir aucune des deux parties. Si vous travaillez toute la journée en passant d’une tâche à l’autre, il manque la deuxième. Dans un travail de routine au calme, il manque la première.
Le terme nomme deux parties que vous pouvez vérifier, donc c’est plus qu’une étiquette.
J’ai lu les livres sur le focus, la concentration et le deep work. Ils expliquent pourquoi le focus est important. Aucun ne m’a montré comment m’asseoir concrètement et travailler concentré pendant 45 minutes.
Alors j’ai commencé par la plus petite unité : un seul bloc de travail concentré. Au fil des années, j’ai testé, écarté et affiné chaque étape. Pas par intérêt académique, mais par nécessité.
Un bloc vous donne les conditions des deux parties : une seule tâche, un objectif écrit, rien d’autre d’ouvert à l’écran. Quant à l’exigence, elle dépend de la tâche elle-même. Vous trouverez par où commencer dans comment faire du deep work.
Ce cadre vient de quelques étapes avant, pendant et après le bloc. Une demi-heure de lecture suffit. Votre prochaine tâche peut alors avoir 45 minutes de concentration, de la préparation à un arrêt propre. Voir comment ça marche →
FAQ
Le deep work est-il une méthode ou une technique ?
Le deep work désigne un type de travail, pas une méthode fixe. Les méthodes sont des façons de faire de la place au deep work. L’une d’elles fonctionne par blocs : préparation, démarrage, travail, arrêt, pause, répétition et fin de journée.
Qu’est-ce que le deep work en entreprise ?
En entreprise, le deep work est le travail exigeant qui fait avancer les projets. Vous le faites sans passer aux e-mails ou au chat. Je suis indépendant : si je ne travaille pas avec concentration, mes projets n’avancent pas et je ne gagne pas d’argent.
Qu’est-ce que le deep work en gestion du temps ?
En gestion du temps, le deep work est du temps réservé à une tâche exigeante et protégé des interruptions. Placez les tâches exigeantes là où votre énergie est haute, et les plus faciles là où elle baisse. Et dites aux personnes qui vous contactent souvent quand vous êtes injoignable.
